Le mariage en Savoie
us et coutumes du temps jadis...

 

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Les premiers regards complices, les quelques paroles amoureuses s'échangeaient souvent lors des veillées qui se faisaient alors le théâtre des "liaisons de cœur". Ainsi, le jeune amoureux, accompagné d'un "traina-manté" - camarade - pouvait se rendre chez sa belle et, là, en gage d'amour, lui remettait un mouchoir d'engagement. La belle pouvait néanmoins l'éconduire en dressant un tison dans la cheminée, lui signifiant ainsi : "Va te chauffer ailleurs". 

 

Après les fiançailles qui avaient lieu généralement deux ou trois semaines avant le mariage, l'on se rendait ensemble, accompagné des parents, à la ville voisine, Annecy ou Genève, pour "leva lou biaux", c'est-à-dire pour le jeune homme, acheter l'anneau et la croix traditionnelle en or. Un peu plus fortuné, il y ajoutait la chaîne en or, le coulant en forme de cœur ou les pendants d'oreille. L'on disait alors que le fiancé "enchaînait" ou "ferrait" son épouse ! 

 

Le jour de la noce arrive ! La mariée revêt alors ses habits du dimanche, sa coiffe de fête sur laquelle elle pose une couronne de fleurs d'oranger en cire et sa parure de soie claire (blanche vers la fin du 19e siècle). Quant au marié, dans les milieux plus aisés, il se coiffe d'un chapeau haut de forme et enfile une redingote de drap noir... pour "avoir l'air d'un syndic" ! 

 

Et le cortège s'ébranle, mené par les musiciens du village, depuis la maison de la mariée, décorée et enrubannée, vers la mairie puis l'église. Sur le chemin, parfois, on trouve en travers de la route, un ruban tendu, le "barrage". Les garçons du pays signifient ainsi leur déplaisir de voir partir une bonne camarade. Le marié devra alors couper le ruban et donner quelques écus.

 

Arrivés à la maison du jeune homme, les époux sont accueillis par la belle-mère qui remet symboliquement à la mariée, sur le pas de la porte, la "poche" (louche de bois), le "feuda" (tablier), soulignant ainsi les nouvelles attributions de la jeune femme. Si la belle-mère y ajoute la clé, cela signifie qu'elle laissera la bru devenir maîtresse de maison. Mais gare, elle peut aussi lui donner un seau et un balai ! 

 

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