Les Allobroges

Hymne savoyard

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A l'occasion de cérémonies officielles mais aussi de soirées amicales, les Savoyards se plaisent à entonner le chant des "Allobroges", leur hymne "national"... au même titre que la "Coupo Santo" pour la Provence ou "Bro goz va zadou" pour la Bretagne. 

 

L'origine de ce chant n'est pas très ancienne. On la situe au milieu du 19e siècle. En 1855, en effet, la Musique militaire sarde joue pendant la guerre de Crimée l'air entraînant du chef Conterno. En 1856, Joseph Dessaix, neveu du commandant de la Légion des Allobroges de 1792, écrivain populaire, compose les couplets. Cette cantate est d'abord connue sous le nom de "La Savoisienne" puis de "Chant de la Liberté", avant de s'intituler "Les Allobroges". Elle est chantée à Chambéry en 1856. 

 

Les Allobroges, furent les ancêtres des Savoyards (de "allos" = "autre" et "brog" = "pays", soit les gens venus d'un autre pays). Cette peuplade celte envahit l'actuelle Savoie et le nord du Dauphiné en 500 avant Jésus-Christ, développant la capitale de Vienne. C'est en 121 avant J.C., que l'Allobrogie, sous le règne de Jules César, deviendra définitivement romaine. Quant à la "Liberté" évoquée dans le texte, il s'agit de celle des proscrits venus chercher refuge dans les Etats de Savoie après le Coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte qui établit le Second Empire, en 1851, en France. La Savoie connaît alors, en effet, un régime libéral avec une monarchie constitutionnelle à deux chambres, instaurée par le souverain savoyard de Turin, le roi Charles-Albert. Cette nouvelle Constitution s'applique à l'ensemble des Etats de Savoie, de part et d'autres des Alpes. 

 

Dans les couplets sont évoquées également les révolutions européennes de 1848 (mention des peuples de Pologne, Italie, Hongrie...). D'autres versions des textes seront composées au fil du temps, rappelant notamment certains évènements historiques, la perte de l'Alsace-Lorraine par exemple... 

 

1er couplet :

Je te salue, ô terre hospitalière
Où le malheur trouva protection :
D'un peuple libre, arborant la bannière,
Je viens fêter la Constitution.
Proscrite, hélas ! J'ai dû quitter la France
Pour m'abriter sous un climat plus doux :
Mais, au foyer, a relui l'espérance
Et maintenant (bis), je suis fière de vous. 

2e couplet :

Au cri d'appel des peuples en alarme,
J'ai répondu par un cri de réveil ;
Sourds à ma voix, ces esclaves sans armes,
Restèrent tous dans un profond sommeil.
Relève-toi, ma Pologne héroïque,
Car pour t'aider, je m'avance à grands pas.
Secoue enfin, ton sommeil léthargique,
Et je le veux (bis), tu ne périras pas.