En Savoie,
un costume, des costumes...

sevrier gruffytalloires

Le costume traditionnel est l'œuvre du 19e s, suite à la Révolution Française et à l'abolition des privilèges qui permettent alors au peuple d'embellir ses vêtements. Jusqu'alors, en effet, les édits somptuaires savoyards (équivalents aux privilèges français) régissent l'habillement des nobles, des bourgeois et du petit peuple, imposant aux paysans souvent miséreux, modestes cotillons et manteaux de drap grossier.

 

Avec la Révolution Française et l'industrialisation (naissance des fabriques d'indiennes ou de soieries notamment), vont donc naître les costumes traditionnels qui deviendront la carte d'identité de chaque village, de chaque vallée. La coiffe mais aussi les couleurs, les formes et les étoffes distinguent ainsi la Tarine avec sa célèbre " Frontière " de la Mauriennaise avec sa " Beretta ", la Chablaisienne de l'Annécienne. 

 

Dans la région d'Annecy, pour les " jours ", la femme porte une jupe et un caraco de lainage grossier. Elle complète sa tenue par un tablier et un châle, (souvent une "indienne" de coton imprimé à la planche de bois sculptée de la Manufacture d'Annecy). Sur la tête, elle porte une petite coiffe blanche de coton piqué ou "serre-tête". 

 

Pour les fêtes et les dimanches, la Savoyarde revêt un costume plus riche, composé d'une robe de lainage façonné, d'un châle et d'un tablier (en indienne, puis en soie vers la moitié du 19e siècle), aux couleurs toujours harmonieuses. Sa coiffe est joliment travaillée, blanche ou noire, brodée, plissée ou tuyautée à la paille ou au fer, serrant le chignon ou nouée sous le menton, selon les villages. Autour du cou, elle porte une croix en or (plus ou moins imposante selon sa condition sociale), témoignage de foi, et que son époux lui a offerte le jour de leurs noces. 

 

En guise de costume des jours, l'homme porte un gilet et un pantalon sur une ample chemise de toile (en lin ou en chanvre, tissé parfois avec de l'ortie) avec un "panté" (pan plus long à l'arrière) qui se ramène vers l'avant et évite le port du caleçon. Le pantalon est en lainage ou en futaine de couleur sombre. Une large ceinture de flanelle beige, grise, parfois bleue, permet d'éviter maux de ventre et de reins. A la fin du 19e s., le Savoyard adopte la "tarte", grand béret typique des Chasseurs Alpins.

 

Pour les fêtes, l'homme revêt lui aussi un costume plus riche et qui diffère d'un village à l'autre : " maille " (gilet tricoté de points compliqués) ou " matelotte " (veste matelassée), gilet en velours de soie brochée ou en tiretaine (laine tissée), veste en drap-cocher noir avec parement de velours... et toujours, sur la tête, le chapeau de feutre noir et rond. Moins caractéristique que le costume féminin, le costume masculin est appelé à disparaître rapidement. Quittant leur village durant l'hiver, les hommes adopteront en effet rapidement la mode européenne des villes et notamment la redingote et le chapeau haut-de-forme qui seront portés pour les mariages et cérémonies. 

 

A l'aube du 20e siècle, le costume traditionnel a disparu depuis longtemps dans les villes et en plaine. Dans quelques vallées de montagne, il fera encore partie de la vie quotidienne pendant quelques décennies, témoignant alors de l'attachement des villageois aux traditions de leur vallée. 

 

Pour en savoir plus sur les costumes savoyards,
visitez l'Ecomusée du Lac d'Annecy à Sevrier.